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Le complexe de Santa Chiara et son cloître de majoliques

Le complexe de Santa Chiara et son cloître de majoliques
Photo : Wolfgang Moroder · CC BY-SA 3.0 · redimensionnée et recadrée

Lorsque nous avons franchi le portail du cloître de Santa Chiara, le bruit de Spaccanapoli a disparu d’un coup, remplacé par les couleurs des majoliques et le vert des agrumes. Le complexe de Santa Chiara est l’un des lieux de Naples où nous vous conseillons de prendre tout votre temps : il y a une grande église gothique, un cloître unique au monde, un musée et même des thermes romains. Voici comment nous l’avons vécu.

Une citadelle voulue par les Angevins

Le complexe est né de la volonté du roi Robert d’Anjou et de son épouse Sancia de Majorque. Les travaux, confiés à l’architecte Gagliardo Primario, commencèrent en 1310 ; l’église fut ouverte au culte vers 1330 et consacrée quelques années plus tard. À côté furent construits deux monastères, l’un pour les clarisses et l’autre pour les frères mineurs, et c’est pourquoi le complexe compte pas moins de quatre cloîtres.

Pour décorer l’église, de grands artistes du XIVe siècle vinrent à Naples, parmi lesquels Giotto, qui travailla dans le chœur des religieuses, et le sculpteur siennois Tino di Camaino, auteur de plusieurs monuments funéraires de la famille royale.

La basilique, entre Moyen Âge et reconstruction

En entrant dans la Basilica di Santa Chiara, c’est l’espace qui frappe : une nef unique et immense, lumineuse et sobre. Il n’en a pas toujours été ainsi. Au XVIIIe siècle, l’intérieur fut revêtu de décorations baroques, mais le 4 août 1943 un bombardement allié provoqua un incendie qui dura près de deux jours et détruisit une grande partie de ces ornements et des fresques.

La reconstruction s’acheva en 1953 et choisit de rendre à l’église son aspect gothique d’origine. Derrière le maître-autel se trouve le grand monument funéraire de Robert d’Anjou, œuvre des sculpteurs florentins Giovanni et Pacio Bertini, qui a en partie survécu à l’incendie. Plusieurs souverains de la dynastie des Bourbons et le carabinier Salvo D’Acquisto reposent également dans la basilique.

Santa Chiara est aussi une étape incontournable de notre itinéraire Naples entre églises et basiliques.

Le cloître de majoliques

Nous voici à la partie qui, à elle seule, vaut le voyage. Le cloître des clarisses fut transformé entre 1739 et 1742 par l’architecte Domenico Antonio Vaccaro, à la demande de l’abbesse Ippolita di Carmignano. Vaccaro traça deux allées qui se croisent au centre et divisent le jardin en quatre parties, délimitées par des piliers octogonaux et de longs bancs.

Piliers et bancs sont entièrement revêtus de majoliques peintes par les céramistes Donato et Giuseppe Massa : sur les piliers courent des guirlandes et des motifs végétaux, tandis que sur les dossiers des bancs défilent des scènes de la vie quotidienne du XVIIIe siècle. Nous nous sommes assis longtemps pour les regarder une à une : ce sont de petites histoires qui racontent la Naples de l’époque mieux qu’un livre.

Sur les murs du portique vous attendent ensuite des fresques du XVIIe siècle, avec des histoires de saints, des allégories et des épisodes de l’Ancien Testament. Heureusement, le cloître a traversé presque indemne les bombardements de la guerre.

Le musée et les thermes romains

Le parcours de visite comprend aussi le Museo dell’Opera, inauguré en 1995, qui rassemble des fragments sculptés, du mobilier liturgique et des témoignages de l’histoire du monastère, dont des vestiges récupérés après l’incendie de 1943.

Ne manquez pas la zone archéologique : sous le complexe ont été mis au jour les vestiges de thermes d’époque romaine, un souvenir concret de la ville antique sur laquelle Naples s’est développée. Si la Naples qui se cache sous vos pieds vous passionne, continuez avec Visiter Napoli Sotterranea et San Lorenzo Maggiore et ses fouilles.

Comment y aller et quand partir

Santa Chiara se trouve au début de Spaccanapoli, à deux pas de la piazza del Gesù Nuovo, dans le centre historique inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1995. La station de métro la plus pratique est Dante (ligne 1) ; de là, l’entrée est à quelques minutes à pied. Le centre historique est en zone à circulation limitée : laissez donc la voiture de côté.

Le cloître se montre sous son meilleur jour à la lumière du soleil, au printemps et en automne, quand les majoliques brillent et que le jardin est en fleurs. Nous vous conseillons de consacrer au moins une heure et demie à la visite. Vérifiez horaires et billets sur le site officiel avant de partir.

Dans les environs

Photo en haut (Naples): This Photo was taken by Wolfgang Moroder. Feel free to use my photos, but please mention me as the author and send me a message. This image is not in the public domain. Please respect the copyright protection. It may only be used according to the rules mentioned here. This specifically excludes use in social media, if applicable terms of the licenses listed here not appropriate. Please do not upload an updated image here without consultation with the Author. The author would like to make corrections only at his own source. This ensures that the changes are preserved.Please if you think that any changes should be required, please inform the author.Otherwise you can upload a new image with a new name. Please use one of the templates derivative or extract., CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

À lire aussi: Le site archéologique de Cumes

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