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Le sanctuaire de Montevergine

Le sanctuaire de Montevergine
Photo : Gianfranco Vitolo from Sarno (Sa), Italia · CC BY 2.0 · redimensionnée et recadrée

Nous sommes montés au sanctuaire de Montevergine par une matinée limpide, et dès la route qui grimpe sur le Partenio, nous avons compris pourquoi ce lieu attire les pèlerins depuis des siècles. Là-haut, entre les hêtres et les nuages bas, on respire un autre air. Voici ce qu’il faut voir et comment organiser votre visite.

Un sanctuaire à 1 270 mètres

Le sanctuaire se dresse sur le mont Partenio, à environ 1 270 mètres d’altitude, sur la commune de Mercogliano. C’est l’un des lieux de foi les plus fréquentés du sud de l’Italie et il accueille chaque année un nombre énorme de visiteurs, entre pèlerins, familles et randonneurs. Ce qui nous a le plus frappés, c’est le contraste entre le silence de la montagne et l’animation du parvis les jours de fête.

Le site fait partie du territoire que nous vous avons décrit dans notre guide Avellino et ses environs : on le rejoint rapidement depuis Avellino, et c’est une étape que nous conseillons à tous ceux qui visitent l’Irpinia.

Saint Guillaume et les origines

L’histoire de Montevergine commence avec saint Guillaume de Verceil, moine et ermite qui, dans la première moitié du XIIe siècle, choisit cette montagne pour une vie de prière. Une communauté se forma bientôt autour de lui, et la première église fut consacrée en 1126. De cette communauté naquit la Congrégation de Montevergine, officiellement reconnue par le pape Léon XIII en 1879.

Guillaume fonda aussi d’autres monastères en Irpinia, dont celui du Goleto, où il mourut en 1142 : si ce personnage vous intéresse, nous vous conseillons de lire aussi notre article sur l’abbaye du Goleto. Sa dépouille est conservée aujourd’hui précisément à Montevergine.

La basilique ancienne et la basilique nouvelle

Le sanctuaire a changé de visage plusieurs fois au fil des siècles, entre tremblements de terre, incendies et effondrements. L’église médiévale s’effondra en 1629 et fut reconstruite en 1645 sur un projet de Giacomo Conforti : c’est celle que nous appelons aujourd’hui la basilique ancienne, intime et riche de stratifications.

À côté se trouve la basilique nouvelle, construite entre 1952 et 1961 sur un projet de l’architecte Florestano Di Fausto. C’est un édifice vaste et lumineux, conçu pour accueillir les grandes foules des pèlerinages. Nous vous conseillons de visiter les deux : passer de l’une à l’autre donne bien l’idée de la croissance du sanctuaire au fil du temps.

Mamma Schiavona, la Madone de Montevergine

Le cœur de la dévotion est le grand tableau de la Madone de Montevergine, datant de la première moitié du XIIIe siècle et conservé dans la chapelle de la Madone. Pour tout le monde ici, c’est Mamma Schiavona, l’une des icônes mariales les plus aimées du sud de l’Italie. Devant l’image, nous avons remarqué combien de personnes s’arrêtent en silence, ne serait-ce que quelques minutes : c’est le moment le plus intense de la visite.

Le lien entre le sanctuaire et la culture populaire se voit surtout à la Chandeleur, le 2 février, quand se renouvelle la tradition de la « juta dei femminielli », un pèlerinage fait de chants, de tammurriate et de prières qui unit foi et tradition napolitaine. Montevergine est aussi une étape naturelle pour qui suit le fil du tourisme religieux en Campanie : sanctuaires et chemins de foi.

Le musée et l’histoire du Saint-Suaire

Le sanctuaire abrite un musée abbatial, réaménagé en 2000, avec des pièces archéologiques, des peintures, des ornements liturgiques, des objets précieux et une belle section de crèches napolitaines des XVIIe et XVIIIe siècles. Nous vous conseillons de ne pas le manquer, car il aide à comprendre l’importance de ce centre monastique.

Il y a aussi une histoire que peu de gens connaissent : de 1939 à 1946, Montevergine garda en secret le Saint-Suaire de Turin, apporté ici pour le protéger pendant la Seconde Guerre mondiale. Une histoire qui nous a beaucoup touchés et qui rend le lieu encore plus spécial.

Le palais abbatial de Loreto

En redescendant dans la vallée, à Mercogliano, il vaut la peine de s’arrêter au palais abbatial de Loreto, résidence d’hiver de la communauté monastique. On y trouve la bibliothèque et une pharmacie historique du XVIIIe siècle. C’est le complément idéal de la visite du sanctuaire et il vous permet de compléter le tableau de la vie des moines de Montevergine.

Comment s’y rendre et quand y aller

Depuis Avellino, on monte en voiture vers Mercogliano puis le long de la route panoramique du Partenio, qui mène jusqu’au parvis du sanctuaire. Sinon, depuis Mercogliano, il y a le funiculaire, inauguré en 1956 : le service ne fonctionne pas toujours, vérifiez donc avant de partir.

  • Le printemps et l’été sont les périodes les plus agréables, avec des températures fraîches même en août.
  • En hiver, la neige peut rendre la montée difficile : consultez la météo et l’état de la route.
  • Pour les horaires d’ouverture du musée et des célébrations, vérifiez les horaires et les billets sur le site officiel avant de partir.
  • Prenez une veste : à 1 270 mètres, il fait frais même quand il fait bon en ville.

Dans les environs

Montevergine se prête à un itinéraire en plusieurs étapes entre montagne et ville. Voici ce que nous vous conseillons :

Photo du haut (Mercogliano) : Gianfranco Vitolo from Sarno (Sa), Italia, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons.

À lire aussi: L’arc de Trajan

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