Accueil › Les grottes de Pertosa-Auletta

Les grottes de Pertosa-Auletta

Les grottes de Pertosa-Auletta
Photo : Gianfranco Vitolo · CC BY 2.0 · redimensionnée et recadrée

Nous sommes descendus dans les entrailles des monts Alburni, et la première chose qui nous a surpris, c’est le bruit de l’eau. Aux grottes de Pertosa-Auletta, on n’entre pas seulement à pied : on entre en barque, sur une rivière qui coule sous la montagne. Nous vous les racontons telles que nous les avons vécues, avec tout ce qu’il faut savoir avant de partir.

Une rivière sous la montagne

Les grottes s’ouvrent sur le territoire de Pertosa, à la limite d’Auletta, dans la vallée du Tanagro, aux portes du Vallo di Diano. On les appelle aussi Grotta dell’Angelo (grotte de l’Ange) ou grotte de Saint-Michel-Archange, en raison de leur ancienne dédicace à l’archange. L’ensemble se développe sur environ 3 000 mètres de cavités creusées dans le calcaire du massif des Alburni, au fil de millions d’années de travail patient de l’eau.

Au centre de tout se trouve la rivière Negro, la seule rivière souterraine navigable d’Italie ouverte aux visiteurs. Au début du XXe siècle, on construisit ici un petit barrage hydroélectrique, inauguré en 1907 : il éleva le niveau de l’eau d’environ trois mètres et créa le lac souterrain que l’on traverse aujourd’hui en barque.

La traversée en barque

C’est le moment que tout le monde attend, et il nous a fait de l’effet à nous aussi. On monte dans une barque à fond plat, sans moteur, que les guides font avancer en tirant sur un câble tendu au-dessus de l’eau. Le tronçon navigable mesure environ 200 mètres et ne dure que quelques minutes, mais le silence, l’obscurité et les reflets des lumières sur la roche le rendent inoubliable.

L’eau reste autour de 10-11 degrés toute l’année et l’air tourne autour de 15 : nous vous conseillons un sweat même en août. Une fois descendu de la barque, le parcours continue à pied parmi les stalactites, les stalagmites et de grandes salles. La plus vaste est la Grande Sala (Grande Salle), haute d’une vingtaine de mètres ; parmi les concrétions les plus photographiées figure celle qu’on appelle « le Baiser », où une stalactite et une stalagmite se touchent presque.

Les plus belles salles et les parcours

Les parcours de visite varient en durée et en difficulté. Le parcours classique associe la barque et environ un kilomètre à pied ; les versions plus longues vont jusqu’à la cascade intérieure, à la Sala del Paradiso (salle du Paradis), avec ses concrétions d’un blanc éclatant, et à la Sala delle Spugne (salle des Éponges), où la roche semble aussi poreuse qu’une éponge de mer. Pour les plus expérimentés, il existe aussi un itinéraire spéléologique, avec équipement et guides dédiés.

Toutes les visites sont guidées et les parcours peuvent changer selon les saisons ou en raison de travaux : vérifiez les horaires et les tarifs sur le site officiel avant de partir.

Un village sur pilotis dans la grotte

Ce qui nous a le plus marqués, pourtant, c’est l’histoire humaine de ce lieu. Dès 1897, le savant Paolo Carucci y trouva des fragments de céramique et des ossements, et l’année suivante commencèrent les premières fouilles. On découvrit qu’à l’âge du bronze, au IIe millénaire av. J.-C., un village sur pilotis se dressait à l’entrée de la grotte : un cas unique en Europe pour un habitat en grotte.

Les recherches se poursuivent encore aujourd’hui. En 2025, les archéologues ont repéré le long de la rivière souterraine les traces d’un lieu de culte d’époque hellénistique, et la même année les grottes ont reçu le prix ACTA du meilleur site archéologique italien. Le site est géré par la Fondation MIdA et c’est l’un des géosites du Géoparc UNESCO du Cilento.

Les musées de Pertosa

Ne vous arrêtez pas à la grotte. Le billet comprend généralement aussi les musées de la Fondation : le Musée spéléo-archéologique, où l’on voit les objets du village sur pilotis, et le Musée du Sol, original et très adapté aux jeunes. Nous les avons visités après la grotte et ils nous ont aidés à remettre en ordre tout ce que nous avions vu sous terre.

Comment s’y rendre et quand y aller

Les grottes sont faciles d’accès en voiture : depuis la sortie Polla de l’autoroute A2 del Mediterraneo (l’ancienne Salerne-Reggio de Calabre), il n’y a que quelques kilomètres. On peut les visiter toute l’année, car sous terre le climat ne change pas ; en été et pendant les ponts il y a plus de monde, nous vous conseillons donc de réserver. Portez des chaussures à semelle antidérapante et prévoyez un vêtement chaud. Vérifiez les horaires et les tarifs sur le site officiel avant de partir.

Aux alentours

De l’autre côté des monts Alburni vous attendent les grottes de Castelcivita, parfaites pour comparer deux mondes souterrains différents. En descendant dans le Vallo di Diano, ne manquez pas la chartreuse de Padula et Teggiano, la ville des portails, tandis qu’à quelques kilomètres se trouve le village fantôme de Roscigno Vecchia, le village abandonné. Pour organiser la suite de votre voyage, partez de notre guide Le Cilento : que faire et que voir.

Photo du haut (Pertosa) : Gianfranco Vitolo, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons.

À lire aussi: Palinuro et l’Arc naturel

Share

À lire aussi

Villa Rufolo et Villa Cimbrone

Les deux villas emblématiques de Ravello : la Villa Rufolo médiévale, liée à Wagner, et le parc romantique de la Villa C

⏱ 5 min

Palinuro et l’Arc naturel

Le cap qui porte le nom du timonier d’Énée, ses grottes marines et la grande arche rocheuse à l’embouchure du Mingardo.

⏱ 5 min

Les grottes de Castelcivita

Près de cinq kilomètres de galeries sous les monts Alburni, entre stalagmites en forme de château et traces des Néandert

⏱ 5 min

La Campanie dans ta boîte mail

Itinéraires, événements et saveurs : un e-mail de temps en temps, sans publicité envahissante.