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La cathédrale d’Amalfi et le cloître du Paradis

La cathédrale d’Amalfi et le cloître du Paradis
Photo : Sudodana2048 · CC BY-SA 3.0 · redimensionnée et recadrée

La première fois que nous sommes arrivés sur la place d’Amalfi, nous nous sommes arrêtés au pied de l’escalier, le nez en l’air, pour contempler la façade rayée et les mosaïques dorées qui brillent au soleil. Le Duomo est le cœur de la ville, et la visite complète, du cloître jusqu’à la crypte, est un petit voyage dans l’histoire de l’ancienne République maritime.

Une cathédrale née de deux églises

La cathédrale d’Amalfi est dédiée à saint André Apôtre, patron de la ville. Le complexe est né de l’union de deux édifices : la plus ancienne basilique du Crucifix (Basilica del Crocifisso), élevée sur un temple paléochrétien, et la nouvelle cathédrale construite à côté à partir du Xe siècle, à l’époque des ducs d’Amalfi. Après l’an mil, les deux églises furent reliées en une seule grande construction romane.

Au fil des siècles, l’édifice a changé de visage à plusieurs reprises. Aujourd’hui, l’intérieur est baroque, tandis que la façade que nous voyons date du XIXe siècle : dans la nuit du 24 décembre 1861, un vent violent fit s’effondrer une partie du couronnement, et la façade fut reconstruite d’après un projet de l’architecte Errico Alvino, avec des mosaïques dessinées par Domenico Morelli.

L’escalier, la porte en bronze et le campanile

Gravir le grand escalier est le premier rituel de la visite, et c’est aussi l’endroit d’où l’on voit le mieux la place. En haut, sous le portique, se trouve la porte en bronze centrale, fondue à Constantinople au XIe siècle et offerte par Pantaleone, membre d’une riche famille de marchands amalfitains : un signe concret des liens commerciaux entre Amalfi et Byzance. Sur les panneaux, on reconnaît le Christ, la Vierge, saint Pierre et saint André.

À côté s’élève le campanile, construit entre le XIIe siècle et 1276, revêtu dans sa partie haute de majoliques de style arabisant. Nous aimons le regarder depuis la place en fin d’après-midi, quand les majoliques scintillent.

Le cloître du Paradis

Depuis le portique, on accède au cloître du Paradis (Chiostro del Paradiso), où commence le parcours de visite du complexe : c’est le lieu qui nous a le plus enchantés. Il fut construit entre 1266 et 1268 à la demande de l’archevêque Filippo Augustariccio, comme cimetière pour les familles nobles d’Amalfi : au Moyen Âge, le mot « paradis » désignait justement le lieu de sépulture situé près d’une église importante.

Le cloître est de plan carré, avec un jardin de palmiers au centre et un portique soutenu par 120 colonnettes géminées portant des arcs brisés entrelacés, dans un style qui associe roman et influences arabes. Le long des côtés se trouvent des chapelles, dont la chapelle de la Crucifixion ornée de fresques du XIVe siècle, et plusieurs sarcophages d’époque romaine réutilisés au Moyen Âge. Se promener à l’ombre du portique, avec le blanc des arcs contre le vert des palmiers, est un moment de calme rare dans le centre très fréquenté.

La basilique du Crucifix et le musée

Du cloître, on passe dans la basilique du Crucifix, l’ancienne cathédrale, rendue à ses formes médiévales par les restaurations commencées en 1931. Elle abrite aujourd’hui le Musée diocésain, avec de l’argenterie, des ornements liturgiques, des sculptures et des objets du trésor de la cathédrale. Nous vous conseillons de ne pas vous presser : ce sont des espaces intimes, où l’on ressent bien l’atmosphère de l’Amalfi médiévale.

La crypte de saint André

En descendant, on arrive à la crypte, construite à l’initiative du cardinal Pietro Capuano, qui rapporta en 1208 de Constantinople à Amalfi les reliques de saint André. L’espace est entièrement décoré dans le style baroque, avec des fresques sur les voûtes et la statue en bronze du saint réalisée par Michelangelo Naccherino. Selon la tradition, de la tombe suinte la manne de saint André, un liquide recueilli et vénéré par les fidèles. On remonte enfin dans la cathédrale proprement dite, avec ses nefs baroques.

Comment y aller et quand partir

La cathédrale se trouve sur la Piazza Duomo, au centre d’Amalfi, à quelques minutes à pied du port. Amalfi est desservie par des bus de ligne via la route côtière amalfitaine et, à la belle saison, par des ferries et des hydroglisseurs au départ de Salerne et des autres localités de la côte. La période idéale est le printemps ou l’automne ; en été, nous vous conseillons d’y aller tôt le matin, avant l’arrivée des groupes. Comptez environ une heure pour la visite complète du complexe. Vérifiez les horaires et les billets sur le site officiel avant de partir.

Dans les environs

Pour découvrir le reste de la province, partez de Salerne et ses environs, et pour la ville vous trouverez tous nos conseils dans Amalfi : que faire et que voir. À quelques minutes à pied se trouve Atrani, racontée dans Atrani, le plus petit village d’Italie, tandis qu’en montant vers Ravello vous attendent la Villa Rufolo et la Villa Cimbrone. Plus à l’ouest, le long de la côte, ne manquez pas le fjord de Furore.

Photo du haut (Amalfi) : No machine-readable author provided. Sudodana2048 assumed (based on copyright claims)., CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

À lire aussi: La cathédrale de Salerne

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